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    Un joyau insolite dans un lieu improbable

     

    LE LAVOIR DE SERBONNES

     

    Le voici avec sa surface miroitante enfoui dans un fouillis d’arbres et d’herbes tout au bout d’un chemin difficile à trouver depuis que les lavandières, leurs chansons et leurs brouettes l’ont abandonné au silence.

    LE LAVOIR DE SERBONNES

     Un toit de métal porté par de minces colonnes , abrite un long bassin ovale, miroir lisse et sombre, où dérivent, suivant la saison, graines de peuplier, bractées de tilleul, akènes velus de platane ou samares ailés d'érable ou de frênes.... De larges dalles de grès nous conduisent à .la source qui jaillit au pied d’une petite falaise de terre. De l’autre côté du bassin, l’eau poursuit son chemin à travers les cressons, zône humide impraticable qui la conduit à la rivière.

    Musique de la source,

    musique du vent dans les tilleuls et les frênes géants qui protègent le secret du lieu

     

    LE LAVOIR DE SERBONNES

     

     HISTORIQUE (1)

    Le 8 novembre 1854 sur proposition du Sieur Chéreau, membre de l'Assemblée municipale, le Conseil, à l'unanimité, a voté la construction d'un lavoir public au lieu dit "Les Fontaines"sur un terrain appartenant à la commune où il existe une source très abondante; cette dernière sert déjà de lavoir public aux habitants de la commune .  Il devait s'agir de la construction d'un bassin non couvert puisque le 12 septembre 1885, à la demande des habitants de la Commune, le Conseil municipal décide les travaux de couverture du lavoir. Plusieurs projets sont proposés à l'Assemblée qui, après maints délibérations, choisit celui de l'architecte de St-Maur-les-Fossés, M.Pilot. Les travaux seront réalisés par M.Mathieu entrepreneur à Paris selon le devis de 2333F approuvé par le Conseil municipal le 27 décembre 1885. Les travaux seront réceptionnés le 23 mai 1886

     

    LE LAVOIR DE SERBONNES

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    Il s’agit d’une construction originale tout juste sortie en 1885 de l’imaginaire d’un architecte probablement inspiré par la révolution technique que représentait à l'époque l'architecture du fer. Elle est toute en légèreté, colonnettes en fonte, supportant un toît léger de tôle qui protège un bassin octogonal.

     

    LE LAVOIR DE SERBONNES

    ,Il faut croire que l'architecte était acquis aux nouvelles techniques industrielles et architecturales (2) (Gustave Eiffel avait construit le viaduc de Garabit en 1882).. Il faut croire aussi que le Conseil municipal de l’époque avait de l’audace et de la curiosité  car le lavoir de Serbonnes est surprenant, différent des lavoirs alentours  de la même époque qui sont tous construits selon les techniques traditionnelles de l'habitat rural de la région avec les matériaux trouvés sur place : craie, silex,  briques et tuiles pour les murs et le toît et bois pour la charpente..

     

    LE LAVOIR DE SERBONNES

     

     (1) d'après les bulletins communaux "au fil de l'Yonne" de décembre 1997 et de décembre 2010

     (‘2) durant cette période, souvent qualifiée de "première révolution industrielle", le métal, est devenu fondamental, au moins dans les constructions réservées aux ingénieurs : ponts, serres, marchés, halls de gares et d'expositions. Par la suite, la fonte, grâce à sa grande résistance à la pression, (soixante fois supérieure à celle d'un calcaire) sera  utilisée pour les supports : piliers, colonnes, et aussi éléments décoratifs, car on la moule facilement.

    LE LAVOIR DE SERBONNES


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