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    Il faut lire le très bel article de Pierre Glaizal dans le dernier numéro de la Revue des Etudes Villeneuviennes ("La grange des Bordes en Pays d'Othe : enquête sur d'énigmatiques peintures murales de la Grande Guerre", Bulletin de Amis du Vieux Villeneuve  n°54, Société Historique, Archéologique, Artistique et Culturelle du Villeneuvien). Les peintures murales qui ornent les quatre murs de cette grange au coeur du village des Bordes, près de Dixmont, sont fascinantes. Elles figurent des scènes de la vie quotidienne ou des scènes d'adieux  sur les murs blanchis à la chaux. Le plus souvent d'un bleu intense dit bleu Guimet (très bon marché : mélange d'huile et de bleu de lessive) et parfois  dessinées à l'ocre rouge jaune ou brun, elles sont étonnamment bien conservées.

    Passés l'émotion et l'étonnement se pose toute une série de questions et, notamment, quand et par qui ont été réalisé ces peintures ? Quelques réponses sont apportées par Maria Priault "la gardienne" des lieux interrogée par Pierre Glaizal :

    "Le seul témoignage direct est celui de Charlotte Barré née en 1910 aux Bordes. A l'automne 1916, elle a six ans et fait sa première rentrée à l'école communale du village. C'est là qu'elle voit arriver des 'tirailleurs sénégalais' qui, dit-on, reviennent du front  et ont été envoyés aux Bordes 'en repos'. Elle se souvient aussi que la grange avait été surnommée 'le café maure' et qu'il servait de lieu de réunion, de prière" et aussi  de dortoir (article Pierre Glaizal, p. 73).

     

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    Dans son avant-propos à l'article de Pierre Glaizal, Claude Cornu* s'interroge : "Personnages, paysages, constructions, animaux, tous ces décors témoignent d'un ailleurs que nous ignorons. Qui sont ces hommes qui ont laissé sur ces murs une trace écrite ou dessinée de leur histoire, de leur origine, de leur religion ?"  

    *Claude Cornu a écrit INURAR-NOUADER- Village des Aurès  "sur les pas de Germaine Tillion"

     

    Nous reproduisons ici certaines de ces peintures, avec l'aimable autorisation de l'auteur de cette belle enquête et du chercheur Laurent Valois (spécialiste de l'art rupestre).

     

    D'énigmatiques peintures murales

    Bateau prêt à appareiller  -   photographie Pierre Glaizal

     

     

    D'énigmatiques peintures murales

     

    Scène d'adieu  -  photographie Pierre Glaizal

     

     

    D'énigmatiques peintures murales

     

    Femme à l'oud  -   photographie Pierre Glaizal

     

     

    D'énigmatiques peintures murales
     

    Grande mosquée  -  photographie Laurent Valois

     

     

    D'énigmatiques peintures murales

     

    Grand dromadaire et cavalier  -   photographie  Laurent Valois

     

     

    Etonnantes peintures murales de la grange Priault aux Bordes (forêt d'Othe)

     

    Campement militaire  -  photographie Laurent Valois

     

     Malgré plusieurs mois de recherches, notamment en archives, Pierre Glaizal n'a pas entièrement pu reconstituer les origines et les parcours de ces jeunes hommes venus d'Afrique ou du Maghreb qui  ont probablement été enrôlés au printemps 1916. A l'issue de l'effroyable bataille de la Somme, qui s'acheva en novembre 1916, on aime à penser que ce groupe d'hommes a pu, en faisant revivre ces scènes de leur histoire ou de leur culture,  retrouver un  peu de sérénité dans le village de la forêt d'Othe.

     

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